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l’urine. Une coloration rose à rouge de la zone
réactive indique une bactériurie significative avec
une limite de détection de 0,5 mg/L, soit 11 μmol/L.
Ce test peut être faussé par un apport alimentaire
important en nitrates (salaison, légumes verts).
Inversement, il est faussement négatif lorsque le
nombre de colonies est insuffisant dans l’échantillon.
En pratique, un séjour prolongé de l’urine dans la
vessie, 4 à 8 heures, est la condition pour atteindre
un pourcentage de détection élevé.
L’antibiothérapie doit être suspendue 3 jours
avant le test. Des quantités importantes d’acide
ascorbique (vitamine C) peuvent conduire à des
résultats par défaut ou faussement négatifs pour les
nitrites. Les substances qui deviennent rouges en
milieu acide, par exemple la phénazopyridine,
peuvent conduire à des résultats faussement positifs
ou à une coloration rougeâtre de la zone réactive
pour les nitrites.
Protéines : le test est basé sur le principe de
l’erreur protéique des indicateurs de pH. Le test est
particulièrement sensible à l’albumine avec une
limite de détection de 60 mg/L, mais il n’a qu’une
faible détection pour les autres fractions protéiques,
notamment les globulines et les chaînes légères
d’immunoglobuline. La quinine, la quinidine, la
chloroquine et le tolbutamide ainsi qu’un pH élevé
jusqu’à 9 n’influencent pas le test. En revanche, des
résultats faussement positifs peuvent être induits à la
suite de perfusions de polyvinylopyrrolidone
(succédané du plasma sanguin) ou s’il reste des
traces d’antiseptique à groupement ammonium
quaternaire ou de chlorhexidine dans le récipient de
recueil de l’urine. Les substances qui deviennent
rouges en milieu acide, par exemple la
phénazopyridine peuvent conduire à des résultats
faussement positifs ou à une coloration rougeâtre de
la zone réactive pour les nitrites et les protéines.
Sang : l’hémoglobine et la myoglobine catalysent
l’oxydation de l’indicateur par l’hydroperoxide
organique contenu dans la zone réactive. Les
bandelettes actuelles comportent deux échelles
colorimétriques distinctes, l’une pour les
érythrocytes, l’autre pour l’hémoglobine. Des points
verts plus ou moins denses sur la zone réactive
jaune indiquent la présence d’érythrocytes intacts,
avec une limite de détection pratique de cinq
érythrocytes/μL. L’hémoglobine, les érythrocytes
lysés et la myoglobine sont mis en évidence par une
coloration verte homogène de la zone réactive avec
une limite de détection de l’hémoglobine
correspondant à 10 érythrocytes/μL. Des traces
d’antiseptique (très oxydant) dans le récipient de
l’urine peuvent conduire à des résultats faussement
positifs pour le sang.
Validité
L’examen par bandelettes multiréactives est un
moyen commode de dépister les principales
anomalies cytologiques ou biochimiques de la
composition de l’urine. Par principe, aucun
diagnostic ou traitement ne doit être établi sur la
base du résultat d’un test isolé.
Un examen pratiqué dans des conditions
rigoureuses et qui se révèle totalement négatif
permet d’exclure raisonnablement une protéinurie
significative, une hématurie ou une leucocyturie, et
permet de ne pas prescrire d’examens cytobactériologiques
urinaires en l’absence de contexte clinique
évocateur.
Inversement, toute anomalie de l’examen par les
bandelettes impose une confirmation et des
précisions par des examens biologiques appropriés
obligatoirement réalisés au laboratoire.
Il convient aussi de rappeler que la bandelette
détecte une éventuelle anomalie de concentration
d’une substance dans l’urine. Des interprétations
erronées peuvent être liées au débit urinaire,
variable d’un individu à l’autre. Ainsi par exemple, la
détection de la protéinurie par la bandelette permet
de dépister une concentration d’albumine urinaire
d’environ 50 à 60 mg/L. Une telle concentration (et
donc un virage de la bandelette à 1+) peut être
obtenue pour une protéinurie physiologique
(< 15 mg/jour) sur des urines très concentrées. Inversement, une protéinurie pathologique et peu abondante, par exemple 500 mg/jour peut ne donner qu’une réactivité faible (traces) si les urines sont très diluées en raison d’une diurèse > 3 L/jour
â Anomalies du sédiment urinaire
Connaître la composition des éléments normaux
et anormaux de l’urine. Savoir définir le sédiment
urinaire « normal ».
Généralités
L’analyse de l’urine doit être faite sur un
échantillon d’urine fraîche 30 à 60 minutes après la
miction. Les organes génitaux externes doivent
d’abord être nettoyés pour éviter la contamination
par des sécrétions locales. Un recueil en milieu de jet
est souhaitable. Le moment du cycle menstruel doit
aussi être noté. L’urine fraîche est centrifugée à
3 000 tours par minute pendant 3 à 5 minutes. Le
surnageant est transféré dans un autre tube et le
sédiment remis en suspension puis transféré sur une
lame avec une pipette et couvert d’une lame.
Le sédiment urinaire doit être examiné au
microscope, objectif à faible grossissement et en
faible obscurité. Un objectif sec assurant un plus fort
grossissement (´ 100) peut être ensuite utilisé pour
identifier les cylindres et les cellules présentes.
Sédiment urinaire normal
En dehors d’une très faible quantité de protéines,
l’urine normale contient jusqu’à un million
d’érythrocytes, trois millions de cellules leucocytaires
ou épithéliales et 10 000 cylindres presque tous
hyalins éliminés quotidiennement. En pratique, ces
quantités normales peuvent être appréciées par la
réalisation d’un compte d’Addis, c’est-à-dire la
mesure du débit des éléments figurés (hématies et
leucocytes) exprimé par minute. Cette mesure est
réalisée par comptage des éléments figurés éliminés
pendant une période de 2 à 3 heures. Normalement,
le débit des hématies est inférieur à
5 000 éléments/minute ou 5 éléments/mL ou mm3.
Le débit normal des leucocytes est inférieur à
5 000 éléments/minute ou 5 éléments/mm3 ou mL.
Lorsque ces deux valeurs sont supérieures à
10 000 éléments/minute, ceci est considéré comme
pathologique et généralement associé à une
maladie rénale. Le comptage des éléments figurés
de l’urine peut être plus simplement réalisé par
l’examen d’un échantillon d’urine au microscope
(examen cytologique de l’urine). Normalement, il y a
zéro à quatre leucocytes, zéro à deux érythrocytes
par champ. La présence de plus de cinq érythrocytes
ou cinq leucocytes par champ est très fortement
suggestive d’atteinte rénale significative.
Occasionnellement, des cristaux d’oxalate de
calcium, d’acide urique ou de phosphate peuvent
être observés, dépendant essentiellement du pH
urinaire.
Cylindres
Les cylindres représentent des agglomérats de
protéines et de cellules précipitées et formés dans la
lumière tubulaire. Ces cylindres ont donc une forme
cylindrique et des bords réguliers comme ceux de la
lumière tubulaire où ils sont formés. Ces
caractéristiques distinguent les cylindres d’autres
débris ou cellules disposés en amas irréguliers. Tous
les cylindres ont une matrice organique composée
essentiellement de mucoprotéine de Tamm-Horsfall.
Les cylindres sont généralement formés dans les
tubes collecteurs dans lesquels l’urine est plus
concentrée et la plus acide. La stase urinaire, ainsi
qu’un débit urinaire faible favorisent également la
formation des cylindres. Les cylindres peuvent être
« hyalins », « cellulaires » ou « granuleux ». Lorsque la
lumière ne comporte pas de cellule, le cylindre est
composé presque exclusivement de matrice. Ces
cylindres sont appelés cylindres hyalins et n’ont
aucune valeur diagnostique.
En revanche, des cylindres urinaires peuvent
survenir lorsque des leucocytes, des globules rouges
ou des cellules épithéliales sont présents dans la
lumière tubulaire ; ces cellules peuvent précipiter
avec la protéine de Tamm-Horsfall et former des
cylindres cellulaires. Ces cylindres ont une grande
valeur sémiologique, car ils identifient le rein comme
la source de ces cellules. Par exemple, des leucocytes
peuvent passer dans l’urine à n’importe quel point
de l’arbre urinaire depuis le rein jusqu’à la vessie ou
l’urètre. Cependant, la présence de cylindres
contenant des leucocytes (appelés cylindres
leucocytaires) indique l’inflammation au niveau du
rein.
Les cylindres granuleux peuvent s’observer
lorsqu’il existe des débris cellulaires dans le tubule.
Les cylindres granuleux sont aussi susceptibles de se
former à la suite de l’agrégation de diverses
protéines plasmatiques présentes dans l’urine, et
peuvent donc se voir dans n’importe quelle situation
associée à une protéinurie.
Cellules
¦ Érythrocytes
L’hématurie peut être microscopique et alors
seulement observée sous le microscope, ou
macroscopique et visible à l’oeil nu. Les causes les
plus fréquentes d’hématurie chez l’adulte sont
extrarénales et sont représentées par les calculs
urinaires, les traumatismes, les affections
prostatiques, et en particulier chez l’homme au-delà
de 50 ans, le cancer de la prostate, de la vessie ou du
rein. Il en résulte que chez les patients plus âgés, en
particulier s’ils sont fumeurs, il est nécessaire de
recourir à une investigation radiologique et
urologique exhaustive comprenant notamment une
cystoscopie, pour exclure un cancer. Bien que moins
fréquent, le saignement glomérulaire est important à
reconnaître car il permet d’éviter ces procédures
diagnostiques invasives. Plusieurs éléments peuvent
permettre de distinguer un saignement glomérulaire
d’un saignement extraglomérulaire :
n cylindres hématiques : la présence de cylindres
hématiques a en pratique valeur diagnostique de
glomérulonéphrite ou de vascularite rénale.
