I De quoi parle-t-on ?
II. Un monde enchanté

I De quoi parle-t-on ?

De quoi (duh kwah) – About what
parle (parl) – speak/talk
t-on (ton) – one/we

p 9 , Woody Allen a naguère défini l’intelligence artificielle comme

Woody (woo-dee) – First name “Woody”
Allen (al-uhn) – Last name “Allen”
a (ah) – has
naguère (nah-gwehr) – once/formerly/in the past
défini (day-fee-nee) – defined
l’intelligence (lan-teh-lee-zhahns) – intelligence
artificielle (ar-tee-fee-see-el) – artificial
comme (kohm) – as

« le contraire de la bêtise naturelle ».

le (luh) – the
contraire (kon-trair) – opposite
de (duh) – of
la (lah) – the
bêtise (bay-teez) – stupidity/foolishness
naturelle (nah-too-rel) – natural

C’est amusant mais peut-être insuffisamment éclairant pour se faire une idée de ce que recouvre ce concept.

C’est (say) – It is
amusant (ah-mew-zahn) – amusing/funny
mais (meh) – but
peut-être (puh-tetr) – perhaps/maybe
insuffisamment (an-soo-fee-zah-mahn) – insufficiently
éclairant (ay-kleh-rahn) – illuminating/enlightening
pour (poor) – to/for
se faire (suh fair) – to get/make for oneself
une idée (oon ee-day) – an idea
de ce que (duh suh kuh) – of what
recouvre (ruh-koovr) – covers/encompasses
ce concept (suh kon-sept) – this concept

Si l’on veut une explication plus utile, force est de se tourner vers
une source moins riante mais,

Si (see) – If
l’on (lon) – one
veut (vuh) – wants
une (oon) – a
explication (ex-plee-kah-see-on) – explanation
plus (ploos) – more
utile (oo-teel) – useful
force est (fors eh) – it is necessary
de (duh) – to
se tourner (suh toor-nay) – turn oneself
vers (vair) – towards
une (oon) – a
source (soors) – source
moins (mwahn) – less
riante (ree-ahnt) – laughing/cheerful
mais (meh) – but

à vrai dire, beaucoup plus riche :

à (ah) – to
vrai dire (vreh deer) – tell the truth
beaucoup (boh-koo) – much/a lot
plus (ploos) – more
riche (reesh) – rich

le rapport sur l’AI que la commission présidée par Cédric Villani a remis au Premier Ministre.

le (luh) – the
rapport (rah-por) – report
sur (soor) – on
l’AI (lah-ee) – AI
que (kuh) – that
la (lah) – the
commission (ko-mee-see-on) – commission
présidée (pray-zee-day) – chaired
par (par) – by
Cédric Villani (say-dreek vee-lah-nee) – Cédric Villani (name)
a (ah) – has
remis (ruh-mee) – submitted
au (oh) – to the
Premier Ministre (pruh-mee-ay mee-nistr) – Prime Minister

Elle observe que l’expression « intelligence artificielle » désigne
« moins un champ de recherche bien défini qu’un programme fondé
autour d’un objectif ambitieux :

Elle (el) – She/It
observe (ob-zerv) – observes/notes
que (kuh) – that
l’expression (lex-preh-see-on) – the expression
« intelligence artificielle » (an-teh-lee-zhahns ar-tee-fee-see-el) – “artificial intelligence”
désigne (day-zeen) – designates/refers to
« moins (mwahn) – “less
un (uhn) – a
champ (shahn) – field
de (duh) – of
recherche (ruh-shersh) – research
bien (bee-en) – well
défini (day-fee-nee) – defined
qu’un (kuhn) – than a
programme (pro-gram) – program
fondé (fon-day) – founded/based
autour (oh-toor) – around
d’un (duhn) – of a
objectif (ob-zhek-teef) – objective/goal
ambitieux (ahm-bee-see-uh) – ambitious

comprendre comment fonctionne la cognition humaine et la reproduire ;

comprendre (kom-prahn-druh) – to understand
comment (ko-mahn) – how
fonctionne (fonk-see-on) – functions/works
la (lah) – the
cognition (kog-nee-see-on) – cognition
humaine (oo-men) – human
et (ay) – and
la (lah) – it
reproduire (ruh-pro-dweer) – to reproduce

créer des processus cognitifs comparables à ceux de l’être humain ». C’est dire qu’elle ne désigne pas
une discipline constituée mais se réfère plutôt à un objectif auquel
concourent diverses disciplines telles que la neurobiologie, la logique
mathématique et l’informatique. C’est dire aussi que la notion
d’intelligence artificielle ne recouvre rien de précis ; loin d’être fixe, son
contenu évolue en fonction des progrès mêmes de la science. Les limites
de ce que l’on croit ne pouvoir être fait que par des humains sont
constamment repoussées.

Elle caracole en éclaireur, au gré de nos
imaginations et de nos aspirations. Il n’est donc pas étonnant qu’elle se
situe aux marges de la science-fiction : elle participe des phantasmes qui
accompagnent les plus vieux rêves de l’humanité. Mais en réalité, il faut
garder à l’esprit que toute la « com » sur les performances de l’IA vient du
besoin des start-up et des éditeurs de logiciels de vendre leurs produits.
Dès qu’on lit la littérature scientifique, les choses sont grandement
relativisées.
Les différentes catégories d’intelligence artificielle

p 10 , Les spécialistes distinguent toutes sortes d’intelligence artificielle selon leurs propres critères.

Les – The (plural)
spécialistes – specialists
distinguent – distinguish/differentiate
toutes – all (feminine plural)
sortes – kinds/types
d’intelligence – of intelligence
artificielle – artificial
selon – according to
leurs – their
propres – own
critères – criteria

En prenant la matière dans son sens le plus large, on
peut distinguer trois catégories :

l’IA étroite, l’IA générale et la surintelligence artificielle.

En fait, sur ces trois catégories, c’est seulement la
première qui nous importe en pratique car tous les systèmes qui en
relèvent ont pour caractéristique commune d’effectuer la tâche pour
laquelle ils ont été programmés et rien de plus. Les deux autres catégories,
quant à elles, en sont encore au stade de la science-fiction ou en tout cas
de l’objectif à (très ?) long terme. L’IA dite générale désigne la capacité
d’un système à apprendre, à percevoir, à comprendre, à improviser et à
fonctionner complètement comme un être humain. À l’avenir, les
systèmes de ce type devraient être capables de développer chacun
plusieurs compétences et de créer des connexions et des généralisations
dans tous les domaines. Cette capacité est supposée rendre, le moment
venu, les systèmes d’intelligence artificielle aussi performants que les
humains en reproduisant nos capacités multifonctionnelles. Quant à la
troisième catégorie, la sur-intelligence artificielle, elle se veut
l’aboutissement ultime de la recherche sur l’AI. On imagine qu’elle devrait
pouvoir reproduire l’intelligence multiforme de l’être humain en la dotant,
en plus, d’une mémoire considérablement accrue et de capacités
d’analyses accélérées.
Pour en revenir à l’IA étroite, celle qui est opérationnelle actuellement
et donc la seule à laquelle s’intéressera ce court essai, on peut encore
distinguer deux stades. Le premier concerne les machines purement
réactives, celles qui imitent la capacité de l’esprit humain à répondre à
différents types de stimuli mais n’ont pas de fonctionnalité basée sur la
mémoire. Elles n’ont donc pas la possibilité de tirer la leçon d’expériences
acquises précédemment pour perfectionner leurs actions actuelles. Même
ainsi limitées, elles sont capables de rendre des services non négligeables :
c’est une machine à réactif de la classe I qui a battu aux échecs Garry
Kasparov en 1997.
Le deuxième stade est celui des machines dites à mémoire. Ces
machines ajoutent à leurs homologues du premier stade une capacité
supplémentaire de première importance : celle de tirer des leçons des
données historiques qu’elles ont mémorisées de façon à pouvoir prendre
des décisions. Presque toutes les applications existantes que nous

II. Un monde enchanté

Un = A/An (masculine indefinite article)
monde = world
enchanté = enchanted/charmed (past participle of “enchanter”)

p 15 , L’intelligence artificielle, on l’a dit, est susceptible d’applications

on = one/we (impersonal pronoun)
l’a = has (contraction of “la” + “a” – “it has”)
dit = said (past participle of “dire”)
est = is
susceptible = susceptible/capable/likely
d’applications = of applications (de + applications)

très nombreuses dans des domaines très variés.

très = very
nombreuses = numerous/many (feminine plural, agreeing with “applications”)
dans = in
des = some (plural indefinite article, contraction of “de” + “les”)
domaines = domains/fields/areas
très = very
variés = varied/diverse (masculine plural, agreeing with “domaines”)

En outre, dans un environnement économique où la croissance est

En outre = Furthermore/Moreover/In addition
dans = in
un = a/an (masculine indefinite article)
environnement = environment
économique = economic
où = where
la = the (feminine definite article)
croissance = growth
est = is

faible, ces nouvelles technologies possèdent un vrai potentiel

faible = weak/low
ces = these (demonstrative adjective)
nouvelles = new (feminine plural, agreeing with “technologies”)
technologies = technologies
possèdent = possess/have (3rd person plural present)
un = a/an
vrai = real/true
potentiel = potential

permettant d’escompter une amélioration de la performance des entreprises sur le long terme.

permettant = allowing/enabling (present participle of “permettre”)
d’escompter = to expect/anticipate (de + escompter)
une = a/an (feminine indefinite article)
amélioration = improvement
de = of
la = the
performance = performance
des = of the (plural, contraction of “de” + “les”)
entreprises = companies/businesses
sur = over/on
le = the
long terme = long term


Le catalogue qui suit ne présente qu’un petit aperçu des miracles en
tous genres que les différentes applications de l’intelligence artificielle
permettent d’attendre.
Les entreprises
Pour commencer par les entreprises du secteur industriel, celles-ci ont
déjà intégré l’IA au sein de leur processus de production. Elle fait partie de
ces innovations qui dessinent l’industrie de demain, l’industrie 4.0. La
production est optimisée grâce à l’apprentissage automatique qui permet
aux robots de procéder à des calculs de toutes sortes en temps réel aussi
bien pour adapter la cadence ou augmenter le taux d’occupation des
machines, que pour épauler un opérateur sur la ligne de production ou
gérer les stocks de manière optimale. Ainsi, l’IA accélère la production,
augmente la productivité, diminue les frais et les délais. Les bénéfices
attendus sont considérables : certaines études estiment que la productivité
de ces entreprises pourrait augmenter de 40 % d’ici 2035.
Dans le secteur des services et de la distribution, les entreprises peuvent
aussi améliorer considérablement leurs performances commerciales et
financières en intégrant l’intelligence artificielle dans la gestion de la
relation « client ». Il s’agit d’améliorer la productivité en permettant aux
employés de convertir plus efficacement les prospects en clients, de les
fidéliser, de raccourcir les cycles de ventes… Dans le domaine de la